Pourquoi les entreprises qui se focalisent trop sur un facteur stratégique bien précis hypothèquent leur croissance

by Geert Vanhees

Les entreprises sont soit très méthodiques, soit très intuitives, soit axées sur la valeur ajoutée humaine dans l’organisation, soit focalisées sur la valeur qu’elles créent pour la société. Le fait de se focaliser de façon démesurée sur l’un de ces quatre facteurs stratégiques – et de négliger les autres – ralentit la croissance. Un juste équilibre, en revanche, permet de l’accélérer.

Méthodologie = croissance

Les entreprises méthodiques ont une stratégie claire qu’elles traduisent logiquement en projets logistiques, commerciaux, financiers et fonctionnels. Ces projets se basent sur des analyses et permettent de garantir la maîtrise économique de l’entreprise. Une gestion méthodique a donc incontestablement des avantages. Mais attention ! Car des projets qui reposent trop sur des KPI bien maîtrisés prêtent aussi souvent trop peu d’attention aux évolutions du marché, aux innovations lancées par les concurrents et aux nouveaux venus dans le secteur. Ces entreprises éprouvent parfois un faux sentiment de sécurité : alors que tous leurs indicateurs sont toujours dans le vert, des problèmes sont en réalité apparus sur le marché. Les entreprises de ce type n’ont souvent pas non plus le courage de sortir des sentiers battus.

 

Initiative = croissance

Certaines entreprises sont avant tout visionnaires et analysent constamment le marché afin d’y repérer de nouvelles opportunités. Elles sont aux mains de véritables entrepreneurs, qui partagent cet esprit d’esprit darwiniste et sont persuadés que celui qui évoluera le plus vite l’emportera sur les autres. Hyper-flexibles, ces organisations s’adaptent rapidement à la concurrence et aux clients et vivent de leur sens de l’initiative. L’orientation marché a sans conteste de la valeur. Cependant, les entreprises qui lancent sur le marché trop d’idées « Océan Bleu » sans effectuer d’analyse préalable sont souvent inefficaces et connaîtront des échecs aussi nombreux que coûteux. Bien souvent, les organisations de ce type n’ont pas effectué d’analyse méthodique qui leur aurait évité de donner suite à bon nombre de leurs idées. Ce sont des navires à la dérive, qui prennent de nombreuses initiatives, mais qui, sans stratégie claire, s’aventurent dans toutes les eaux en même temps. De même, leurs idées ne sont pas mises en pratique de manière méthodique, ce qui est pourtant nécessaire à un lancement réussi.

 

Culture = croissance

Certaines entreprises sont intimement convaincues qu’elles se développeront si leurs collaborateurs font de même.  Elles se concentrent plus sur le « stakeholder value » et moins sur le « shareholder value ». Elles croient en des collaborateurs dévoués, qui travaillent en harmonie en communiquant énormément et en unissant leurs efforts, défendent des valeurs fortes et la mission de l’entreprise, accordent beaucoup d’importance aux formations et aux plans de développement personnels offrant des possibilités de diversification des tâches et des fonctions, et en une organisation qui apprend et qui s’améliore constamment.

Des objectifs ambitieux ne peuvent être réalisés sans une organisation solide, et cette approche a donc elle aussi une importance incontestable. Cependant, les entreprises qui accordent trop la priorité aux souhaits personnels des collaborateurs diversifient les tâches et fonctions de manière irréfléchie et inefficace ou constatent que les stratégies requises ne sont pas mises en œuvre, car elles ne correspondent pas aux possibilités ou aux désirs de certains membres du personnel.

 

Durabilité = croissance

L’interaction entre les entreprises et la société devient de plus en plus intense. Les pouvoirs publics imposent de très nombreuses règles, et les entreprises estiment elles-mêmes qu’elles ont une valeur sociale à apporter, sur le plan tant écologique qu’humain. Le réchauffement climatique et la raréfaction des matières premières font que les entreprises ont un rôle social à jouer. Les innovations liées à leur responsabilité sociale sont particulièrement précieuses, elles constituent une stratégie de croissance. Cependant, l’entreprise met parfois tellement l’accent sur ce rôle social qu’elle perd de vue son modèle de rentabilité. Les magasins de détail qui vendent des produits alimentaires sans emballage sont pertinents d’un point de vue sociétal, mais ne constituent pas à eux seuls un modèle de rentabilité.

 

En quête d’un équilibre qui accélère la croissance

Les nouvelles entreprises doivent combiner entrepreneuriat, audace et sens de l’initiative. Mais plus elles grandissent, plus leur analyse doit être méthodique et plus elles ont besoin d’une organisation solide pour pouvoir continuer à se développer. Et des idées socialement pertinentes ne feront que soutenir cette croissance. Ce n’est toutefois qu’en trouvant le juste équilibre entre tous ces facteurs que ces entreprises enregistreront la croissance la plus rapide.

Auteur : Geert Vanhees, 4Growth

 

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