30 ans de formations dispensées avec passion

by Kluwer Learning Team

Femke Simonis donne des formations en écriture chez Kluwer Formations depuis 30 ans déjà. À la fin de l’année, elle nous quittera pour se consacrer à des activités plus posées. Une formatrice très appréciée qui inspire le respect et la reconnaissance, tant auprès de Kluwer Formations que parmi les participants.

 

Vous dispensez trois formations en écriture chez Kluwer Formations. Qu’apportent-elles aux participants, selon vous ?

Les participants à la formation sur la rédaction de courriers et mails axés sur la satisfaction des clients d’une part, et de textes professionnels clairs et corrects de l’autre, exercent pour la plupart une fonction de communication ou d’assistant de direction. Durant la formation, ils mettent d’emblée leurs acquis en pratique puisque chacun rédige ses propres textes. On me dit souvent que les participants maîtrisent toutes les ficelles de la communication d’entreprise à l’issue des formations.

Pour les participants à la formation sur les comptes rendus de réunions, la valeur ajoutée est considérable. Ils sont souvent confrontés à des situations professionnelles peu évidentes, comme devoir rédiger des rapports de réunions auxquelles ils ne participent pas activement et dont ils ne sont pas au courant des dossiers et ne connaissent pas le jargon. Je m’efforce de les doter d’une assertivité subtile pour leur permettre de gagner du temps qu’ils pourront utiliser pour travailler sans être interrompus.

 

Pouvez-vous donner des exemples de success stories dans des entreprises dont des collaborateurs ont suivi une formation en écriture ?

Oui ! Après qu’un seul de ses collaborateurs ait suivi le cursus consacré à la rédaction de textes professionnels dans un langage clair et correct, Electrabel a créé un groupe de travail afin de reformuler tous ses courriers et e-mails.
Le résultat est excellent et les textes sont originaux : les réponses aux lettres de réclamations légitimes de clients commencent ainsi par “Vous avez raison”.

On nous demande aussi souvent de donner une formation en entreprise après qu’un collaborateur ait suivi une formation.

 

La pratique orale et écrite de la langue laisse-t-elle de plus en plus à désirer de manière générale à l’heure actuelle ?

Ce n’est pas mon impression d’après nos cursus. Mais les personnes qui participent à mes formations possèdent généralement une formation supérieure et la fonction qu’elles occupent dans le domaine de la communication les amène à passer leurs journées avec la langue, elles maîtrisent les différents registres linguistiques.

Les gens ont tendance à adopter un style cliché, à écrire de manière trop guindée avec des phrases trop longues et un excès de formes passives.  C’est un problème récurrent. Or, la règle d’or est “clair et concis”, en particulier pour la communication Web.

 

Dans quelle mesure la langue va-t-elle suivre, dans le cadre professionnel, la tendance qui consiste à tout abréger ? On pense par exemple au langage SMS des jeunes.

La clarté est impérative ! Quand on écrit, il faut toujours tenir compte de son groupe cible. Les abréviations et le jargon sont acceptables s’ils sont compréhensibles pour vos lecteurs. Mais appliquer le langage SMS à l’ensemble de la communication externe n’est pas envisageable et les participants à mes formations le comprennent.

La langue évoluera de toute manière et c’est une bonne chose, voire un enrichissement. La langue peut-être créative, comme en témoigne par exemple le langage tout à fait personnel de l’écrivain Hugo Claus.

 

Les Oxford Dictionaries anglais ont pour la première fois élu un émoticon comme ‘mot de l’année’, à savoir le smiley aux larmes de joie car il s’agit du plus utilisé à travers le monde entier en 2015. Cela aura-t-il un impact sur notre langue ?

Les émoticons sont géniaux pour la communication personnelle, mais inappropriés dans la communication d’entreprise externe.

 

Vous êtes d’origine néerlandaise : un chouette exemple de confusion linguistique entre le flamand et le néerlandais vous vient-il à l’esprit ?

Un formateur néerlandais avait déclaré après une pause : “We gaan door”, et les participants néerlandais étaient rentrés dans la salle de cours car pour eux ça voulait dire “On continue”. Mais les Flamands présents hésitaient, car pour eux cela signifie “On s’en va”.

 

Tout le monde écrit à l’heure actuelle, si l’on en croit la prolifération des blogs. Une bonne tendance ?

On ne doit pas s’y opposer. Nous risquerions sinon de bloquer les gens et de les freiner dans leur élan créatif. Mais je dois avouer que pour les spécialistes de la langue, c’est parfois pénible (rires). Je ne peux d’ailleurs pas m’empêcher d’attirer l’attention de mon fils – qui écrit du reste très bien – quand il fait une faute grammaticale sur son blog.

 

 

Femke Simonis a étudié les langues germaniques et est traductrice-interprète. En 1986, elle a intégré la Vlaamse Vereniging voor Zakelijke Communicatie (association flamande pour la communication professionnelle), au sein de laquelle elle a été pendant des années membre de la rédaction du périodique Ad Rem. Femke a également enseigné le néerlandais et la communication d’entreprise pendant 31 ans à la Erasmus Hogeschool Brussel (aujourd’hui VUB). À partir de 2017, elle se consacrera entièrement à un magazine culturel édité par la ville d’Ostende en collaboration avec le musée Mu.ZEE et à sa fonction de secrétaire de la société Orde van den Prince, qui défend la langue et la culture néerlandaises.

 

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