La finance : la pierre angulaire de votre entreprise

by Marleen De Greef

La gestion financière ne fait pas souvent partie des compétences de base des dirigeants. Or, cela peut affaiblir les entreprises. Plus on grimpe l’échelle hiérarchique, plus il est important de comprendre le fonctionnement financier de son entreprise ou de son organisation.

Le manque de connaissances financières est la cause de bien des faillites. Ce n’est pas seulement dommage, c’est aussi tout à fait évitable. Quelques connaissances en finance font des merveilles pour le fonctionnement journalier de l’entreprise et ne sont pas si difficiles à acquérir. La barre semble souvent placée plus haut qu’elle ne l’est vraiment. Il suffit de s’être plongé une fois dans le monde des bilans et des comptes de résultat pour comprendre les avantages d’une bonne gestion financière.

 

Influence sur les résultats de l’entreprise

Disposer d’un financier n’est pas suffisant pour garantir la bonne santé financière de l’entreprise. Chaque maillon de l’entreprise assume une certaine responsabilité sur le plan financier : “Si le dirigeant n’a pas une bonne position de trésorerie, c’est peut-être parce que ses commerciaux n’ont pas convenu de bons délais de paiement ou parce que le back-office n’assure pas suffisamment le recouvrement des dettes. Ce à quoi le comptable ne peut pas faire grand-chose”, explique Ludo Lambrechts, expert financier.

Selon Peter Manet, expert financier, une bonne gestion financière bénéficie également au département Ventes et Marketing : “Lorsqu’ils décident d’accorder à tout le monde une réduction de 5 %, ils ne réalisent souvent pas l’effet d’une telle réduction sur les résultats de l’entreprise. Dans nombre d’entreprises, cette réduction de 5 % ne se traduit pas par une amélioration du résultat net. Au contraire, si elle fait augmenter votre chiffre d’affaires, son impact sur le résultat est souvent dramatique. Peu comprennent qu’avec des prix inchangés, ils auraient réalisé tout autant de bénéfices, mais sans prendre de risques.”

 

“Les collaborateurs possédant des connaissances financières ont une meilleure position concurrentielle, concluent de meilleurs accords et obtiennent de meilleurs résultats que ceux qui en possèdent moins.” 

 

Maintenir le bilan à l’équilibre

Rarement conscients de l’intérêt du bilan, les collaborateurs réduisent la partie finance au compte de résultat. C’est plutôt fâcheux. Prenons les jeunes entreprises : une croissance trop rapide peut facilement les mettre en difficulté, parce qu’elles sous-estiment les effets d’un besoin en fonds de roulement.

Trouver l’équilibre entre rentabilité à court et à long terme est également indispensable à la bonne santé financière d’une entreprise. Si, dans de nombreux cas, cette vision à court terme fait défaut, elle peut être compensée, par exemple, par une dimension contributive. Il s’agit souvent d’une approche forte pour soutenir des décisions à court terme. Cette approche est inconnue de trop nombreux non-financiers, qui comprennent insuffisamment la différence entre les coûts fixes et variables.

 

Compréhension financière dans la pratique journalière

 Pas besoin d’être comptable pour tirer profit des connaissances financières. La maîtrise du modèle financier de base (bilan, compte de résultat, trésorerie) et du jargon professionnel procure déjà un bel avantage. Des pistes d’amélioration deviennent possibles dans le contrôle des fonds de roulement, des coûts, etc.

“Ceux qui possèdent des connaissances financières ont un avantage indiscutable sur les autres. Ceux-là sont en position de force aussi bien dans la sphère privée que professionnelle”, affirme Manet. Une entreprise qui connaît mieux l’effet d’une réduction sur sa rentabilité bénéficiera d’une meilleure position de négociation. Et celui qui en sait plus sur la fiscalité des personnes physiques paiera sans doute moins d’impôts. Après tout, tout tourne autour de l’argent.

 

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Christophe Batan-LapeyreChristophe Batan-Lapeyre dirige CBL Finance, société de conseil spécialisée dans le contrôle de gestion et le pilotage de performance. Il fournit par ailleurs un accompagnement à des startups au sein de l’organisation bNavigo. Avant de fonder CBL Finance, il a occupé diverses fonctions financières en Belgique et à l’étranger : d’abord consultant (KPMG), puis business controller (Total) et country controller (Schneider Electric) et enfin CFO de filiale (GDF Suez). Christophe est diplômé de la Toulouse Business School, de la Technische Universität Berlin et de la Vlerick Business School (MBA).

Marc Declerc est responsable Risk Management Retail chez Belfius. Titulaire d’une licence en mathématiques et d’un Master en Business Administration à l’UCL, il a également été assistant en sciences économiques (spécialité : modèles de prévision de faillite) aux Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix, à Namur. Monsieur Declerc est l’auteur de divers articles ayant pour thèmes la prévision des faillites, l’analyse financière de sociétés, la modélisation par des méthodes quantitatives des risques…

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