En pleine conscience à l’aventure

by NCOI Learning Team

Alain Molinard vient de rentrer de vacances, la tête remplie d’idées neuves. Notamment en matière de Learning & Development et d’éducation permanente, deux de ses chevaux de bataille en tant que Head of Training chez BASF. « Je viens d’ailleurs de me lancer dans ma première partition de jazz pour guitare », nous confie-t-il non sans une certaine fierté. Au niveau professionnel, il suit de près les développements en Learning & Development.

Sa curiosité naturelle et des années d’expérience ont débouché sur d’intéressants points de vue. Il nous raconte ce qui l’inspire et les expériences qui se sont avérées les plus riches en enseignements. Il s’emporte de temps en temps, quoi qu’il puisse aussi relativiser ses propos. Le discours d’un passionné.

JUST DO IT

Alain Molinard : « En Learning & Development, on entend souvent parler du ratio 70-20-10 : on apprend 70 % en faisant les choses soi-même, 20 % en apprenant d’autres personnes et seulement 10 % via les formations officielles. Pour ma part, j’ai surtout beaucoup appris en faisant des choses qui n’avaient jamais été faites. C’est en rencontrant des obstacles inattendus qu’on débouche parfois sur quelque chose de nouveau. Personnellement, j’aspire toujours au renouvellement, un peu comme partir à l’aventure en pleine conscience. Et j’essaie aussi d’entraîner les autres dans cette aventure. Ça marche, si vous parvenez à communiquer votre message avec enthousiasme.

Je trouve l’inspiration dans chaque personne qui respire l’enthousiasme, que ce soit un(e) collègue, un(e) dirigeant(e), un(e) ami(e), un membre de ma famille ou une connaissance. Mes héros sont des ‘battants’ pleins de créativité ou les gens qui, dans leur vie privée, s’engagent dans une action. Ce sont ceux-là qui vous donnent l’énergie et le courage de continuer dans la voie que vous vous tracez.

Ne vous contentez pas du statu quo, mais recherchez toujours le truc nouveau qui va vous passionner, même durant votre temps libre. Je crois fermement en l’équilibre vie professionnelle et vie privée. Et même si vous jonglez avec de multiples activités, cela ne signifie pas pour autant que vous souffrirez de stress mental extrême. Parfois, c’est précisément la diversité qui vous permettra de vous changer les idées. Je précise tout de suite que j’adore aussi me prélasser dans mon hamac au jardin (rires). Mais peut-être pas durant une semaine entière. »

 

Ne vous contentez pas du statu quo, mais recherchez toujours le truc nouveau qui va vous passionner, même durant votre temps libre.

 

D’UNE ÉQUIPE MOYENNE À UNE ÉQUIPE OLYMPIQUE

« Je trouve que la motivation et le bonheur relèvent en partie de notre propre responsabilité. En tant que collaborateur, c’est par trop facile de blâmer votre chef d’être la raison de votre démotivation ou de votre baisse d’énergie. Chaque employé devrait s’interroger sur les sources de motivation et d’énergie. Parlez-en avec votre supérieur, dont la tâche consiste à répondre au maximum à votre motivation et d’ainsi ‘optimiser’ vos prestations en tant qu’employé. Le supérieur plus classique devra aussi, et selon les besoins, donner à un(e) employé(e) plus d’autonomie ou de guidance. Il est important d’avoir de la diversité : dans les équipes complémentaires, vous pourrez donner à chaque collaborateur(trice) les tâches qui lui conviennent le mieux.

La gestion des talents a énormément évolué, et j’en tiens pour preuve cette dénomination. Avant, on pensait uniquement en termes d’écart : on partait en fait d’un point de vue négatif. Durant les entretiens, le supérieur se focalisait surtout sur vos points à améliorer. Mais c’est très frustrant. Car si vous n’êtes naturellement pas bon(ne) dans une tâche, vous n’aurez pas non plus l’envie de l’exécuter. D’autre part, cela donne aussi des situations où on se retrouve avec de nombreux collaborateurs qui sont d’une certaine façon ‘moyens’. Nous démarrons à présent d’un point de vue positif : en quelle matière cette personne est-elle naturellement bonne et comment pouvons-nous encore plus développer ce talent ? Ainsi, vous obtenez des équipes olympiques qui se hissent au-dessus de la moyenne. Les collaborateurs déploieront leurs talents avec beaucoup plus de plaisir. »

PLAIDOIRIE POUR LE MILLENNIAL

« L’état a rallongé la durée de nos carrières. Lorsque nous nous demandons comment continuer à impliquer les plus de soixante ans, nous leur faisons souvent donner des formations, car ils disposent d’un incroyable trésor de connaissances. Mais à qui donnez-vous des formations ? À ceux qui viennent de quitter les bancs de l’école. L’écart entre les générations n’a jamais été aussi large et celles-ci entrent en contact direct les unes avec les autres. Lors du lancement d’un nouveau projet, l’ancienne génération demandera par exemple toujours qui est le chef de projet et quand se tiendront les réunions hebdomadaires. Les jeunes de la génération X, Y et Z pensent tout autrement : pouvons-nous tout simplement créer un groupe Whatsapp ? Si on a une question, on ne va tout de même pas attendre toute une semaine jusqu’à la prochaine réunion du groupe ? C’est évidemment une super idée, mais vous devez aussi faire en sorte qu’elle soit possible.

Je vais parler comme un cinquantenaire (rires), mais je trouve fantastiques tous ces nouveaux profils qui entrent dans la vie professionnelle : nos jeunes ont vraiment le sens des responsabilités. Ils ont grandi avec les ordinateurs, donc il faut adapter votre Learning et Development en conséquence. La jeune génération apprend par micro learnings, en faisant des recherches rapides et ponctuelles. Nous ne pouvons pas nier cette digitalisation. Nous devons y familiariser nos formateurs et tendre vers un échange entre les générations. La nouvelle technologie permet d’assurer des moments d’apprentissage courts mais passionnants. Vous pouvez par exemple choisir vous-même vos moments d’apprentissage via YouTube ou Wikipedia. Je trouve toutefois qu’une formation des plus classiques constitue encore un excellent moyen d’échanger les connaissances de façon interactive, pas seulement entre le formateur et l’élève mais également entre les participants eux-mêmes. »

Alain Molinard, Head of training chez BASF

 

 

 

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