Le rôle de la personne de confiance dans le cadre du burn-out professionnel

by Audrey Van den Bempt
Le rôle de la personne de confiance dans le cadre du burn-out professionnel

Pas moins de 400 000 Belges sont aujourd’hui en congé maladie depuis plus d’un an. Et un travailleur flamand sur trois se dit confronté à des symptômes de stress professionnel. Peut-on parler d’une épidémie de burn-out et de stress professionnel ? Et quel rôle une personne de confiance peut-elle jouer face à un stress excessif ?

Des chiffres alarmants

En Flandre, le stress professionnel excessif est un phénomène fréquent. Le dernier Werkbaarheidsmonitor (moniteur du travail réalisable (2019) épingle plusieurs tendances préoccupantes :

  • le stress professionnel problématique touche toutes les catégories d’âge. Les symptômes liés à ce stress professionnel sont toutefois moins fréquents chez les travailleurs de moins de trente ans (34 %) et de plus de cinquante-cinq ans (35 %) ;
  • une analyse sectorielle a révélé que le stress professionnel problématique touche principalement les travailleurs actifs dans le secteur des soins de santé et dans l’enseignement (46 %) et les personnes travaillant dans le secteur des postes et télécommunications (40 %). Le groupe le moins concerné par les problèmes de stress professionnel est actif dans le secteur des pouvoirs publics ou le secteur de la chimie. Pourtant, même dans ces secteurs, 33 % des travailleurs sont confrontés à des symptômes de stress ;
  • la taille de l’organisation joue également un rôle. Le stress professionnel est plus fréquent dans les entreprises ou organisations de taille moyenne. Les entreprises et organisations de dix à nonante-neuf travailleurs sont les plus touchées par le stress professionnel excessif (40 %). Il est moins fréquent (33 %) dans les entreprises comptant moins de dix travailleurs.

Le stress professionnel excessif accroît le taux d’absentéisme et l’envie de changer d’emploi. Il réduit en outre la motivation à exercer son métier jusqu’à la pension. La personne de confiance a dès lors un rôle préventif et correctif important à jouer sur le lieu travail. Son intervention peut permettre de remédier aux causes éventuelles ou promouvoir une communication qui crée du lien.

Une oreille à la fois discrète et attentive

La personne de confiance est avant tout un interlocuteur essentiel pour les travailleurs confrontés au stress professionnel ou au burn-out. Sa connaissance de l’entreprise, son empathie et son respect de la confidentialité sont ses plus grands atouts. Pour un travailleur, il n’est pas toujours facile de faire confiance à quelqu’un. Si le stress et le burn-out sont très fréquents, il n’est pas évident d’en parler. La personne de confiance doit éviter d’être insistante – l’initiative doit être prise par le travailleur lui-même – et doit faire preuve de discrétion : les collaborateurs doivent pouvoir se dire qu’elle ne divulguera pas ce qu’ils lui confient.

Quelles sont les causes du stress professionnel ?

Il faut tenter d’identifier avec le demandeur la cause de son stress professionnel. Les facteurs suivants peuvent provoquer du stress au travail :

  • charge de travail : quelle quantité de travail faut-il abattre et à quel rythme ? Les échéances et tâches irréalistes ou l’absence de concertation entre collègues peuvent à l’origine du stress professionnel. Parallèlement à l’excès de travail, le manque de travail ou les tâches trop monotones peuvent aussi causer du stress. Les travailleurs doivent effet pouvoir exécuter des missions variées, s’épanouir et avoir suffisamment de défis à relever ;
  • charge émotionnelle : si la charge émotionnelle est trop lourde à porter, le travailleur a-t-il la possibilité d’en parler avec ses collègues et collaborateurs ?
  • pression sociale : les dirigeants et les collègues contribuent parfois à éliminer ou réduire le stress professionnel, mais ils peuvent aussi en être la cause ;
  • autonomie : une autonomie suffisante suscite l’autocontrôle et le contrôle de son environnement de travail. Si le travailleur n’a pas son mot à dire sur ses tâches professionnelles, le risque qu’une pression malsaine s’installe augmente.

Rechercher des solutions ensemble

La personne de confiance doit évaluer les besoins du travailleur confronté à cette situation. Se confier au cours de quelques entretiens informels suffit-il ? Le problème est-il plus délicat (pensez au burn-out) et d’autres démarches s’imposent-elles ? Dans ce cas, il faut accompagner le demandeur pour trouver une solution. Si ce n’est pas possible, des démarches formelles peuvent être entamées. La personne de confiance prévient alors le conseiller en prévention, l’employeur et éventuellement le service externe de prévention.

Elle peut aussi se référer à la loi de base sur le bien-être des travailleurs récemment réformée. Le stress et le burn-out ont désormais un cadre légal. La personne de confiance reste ainsi informée des problèmes psychosociaux actuels qui peuvent survenir et peut y réagir plus facilement. C’est indispensable, car elle est un maillon crucial de la politique en matière de bien-être de son entreprise.

Envie d’aller plus loin ?

1. Formations

Lors de la formation « Personne de confiance : formation de base », vous découvrez les lois et procédures en vigueur en matière de bien-être psychosocial au travail et vous apprenez comment les mettre en pratique. Retrouvez toutes les informations relatives à notre formation de base agréée et à nos supervisions sur notre page consacrée à la personne de confiance.

2. Articles

Ne manquez par ailleurs pas de lire les articles suivants du Learning Blog sur le rôle de la personne de confiance :

• https://blog.ncoi.be/fr/hse-fr/le-role-de-la-personne-de-confiance-au-sein-dune-organisation-ou-comment-une-personne-de-confiance-bien-armee-peut-etre-desarmante/ ;

https://blog.ncoi.be/fr/securite-environnement-qualite/comment-faire-la-difference-en-tant-que-personne-de-confiance/

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